Calculer l’efficacité de la qualité d’une est devenu un enjeu notoire pour tous les acteurs. Comment le digital apporte t-il une réponse ? Quelles possibilités s’offrent aux professionnels de la formation pour repenser les méthodes pédagogiques d’évaluation ?

La question de la mesure de l’efficacité des actions de formation est stratégique. C’est une démarche d’amélioration continue qui prend toute sa signification dans une démarche de recherche de performance.

La technologie au service de l’efficacité pédagogique

On s’aperçoit néanmoins qu’en réalité l’évaluation de la formation ne porte, le plus souvent, que sur la satisfaction des participants et l’acquisition de connaissances. On s’aperçoit également que, sous le poids du traitement administratif de ces évaluations, seule une infime partie des résultats obtenus est traitée.

Alors quelles sont les options dont disposent les entreprises, les organismes de formations, les OPCA et les autres acteurs de la formation pour mesurer l’acquisition des connaissances, des compétences, l’impact économique de la formation, et par conséquent le retour sur investissement consenti dans ces actions de formation ?

Aujourd’hui, nos plans de formation démontrent une approche très “scolaire” : des « niveaux » d’expertise sont sanctionnés par des évaluations type « examen ».

A l’heure de la démocratisation totale de l’usage des technologies, notamment de la technologie mobile, et de la recherche permanente de la personnalisation du service, de véritables opportunités de modifier notre approche de la formation et de l’évaluation de son efficacité s’offrent à nous.

Besoin d’échanger, besoin d’aider, besoin d’être aidé, besoin de contact. Bref, comme nous travaillons mieux en équipe, nous apprenons mieux en équipe.

Aujourd’hui, 80% des actions de formation sont réalisés en mode présentiel. Cette très forte part de présentiel est liée au fait que pour apprendre mieux, apprendre plus, et plus efficacement, nous avons besoin des autres ! Besoin d’échanger, besoin d’aider, besoin d’être aidé, besoin de contact. Bref, comme nous travaillons mieux en équipe, nous apprenons mieux en équipe.

Pourtant, la technologie n’a encore aujourd’hui intégré les salles de formation que de manière très marginale. Faisons le pari que d’ici très peu de temps, prendre son téléphone pour participer à une activité pédagogique en salle de formation sera aussi naturel que de griffonner quelques notes sur nos bons vieux paperboards.

Quelques start-up pionnières en la matière, ainsi que leurs clients utilisateurs peuvent déjà attester de l’intérêt majeur de ces technologies pour dynamiser les sessions de formation, impliquer davantage les participants, et ainsi contribuer positivement à leur apprentissage.

L’usage de la technologie permet également de produire une grande quantité de données à exploiter, de différentes manières, afin d’évaluer l’efficacité des formations d’une part, et de piloter plus efficacement le déploiement des formations d’autre part.

Généraliser l’usage de la technologie en formation présentielle permet de récolter ces informations tout au long du processus d’apprentissage

Imaginons que chaque quiz, chaque séquence de vote en direct, chaque session de brainstorming, soient reliés à un référentiel de compétences, établi au préalable par les équipes pédagogiques, en fonction du rôle de chaque collaborateur dans l’Entreprise. Il est alors possible de mesurer, en temps réel, la montée en compétences des collaborateurs en formation.

Ce principe de cartographie n’est pas nouveau. Il est déjà possible de mettre en place des programmes d’évaluation de compétences. Mais ces programmes induisent l’administration de modalités de test, souvent stressantes pour les participants, et surtout représentant le niveau d’un participant à un instant T.

Généraliser l’usage de la technologie en formation présentielle permet de récolter ces informations tout au long du processus d’apprentissage. Cette méthode d’évaluation continue est indolore pour le participant, qui se prête aux activités pédagogiques sans être perturbé par le caractère sanctionnant d’une évaluation.

Ce système d’évaluation continue permet d’observer la montée en compétences en temps réel, et donc d’ajuster en permanence les actions de formation en fonction des réels besoins individuels de chaque collaborateur.

A défaut de pouvoir calculer précisément le retour de l’investissement consenti en formation, l’utilisation de la technologie élargie à la formation présentielle et l’utilisation des données générées permettent de mieux cibler les actions, dans une logique de résultats attendus plutôt que de moyens à disposition.

Les impacts ne sont d’ailleurs pas seulement financiers. Individualiser les parcours de formation permet de mieux capter l’intérêt des participants, et ainsi de les voir plus s’impliquer.

Utiliser la technologie pour varier les méthodes pédagogiques et ludifier l’apprentissage sont des objectifs très vertueux qui permettent sans aucun doute d’améliorer l’efficacité des formations. L’utilisation des données ainsi générées va permettre un pilotage et une gouvernance basés sur des informations tangibles, et présentes en grande quantité.

La notion de « blended » prend alors toute sa dimension : le distanciel pour acquérir la connaissance, le présentiel pour pratiquer ensemble, et toute l’information disponible pour piloter, ajuster, gouverner.

 

Quoi qu’il en soit, le principal challenge à relever aujourd’hui est celui de la démocratisation de l’emploi des nouvelles méthodes pédagogiques, qui transformera durablement le rôle du formateur. Celui-ci basculera vers une posture de facilitateur plutôt que de sachant, de chef d’orchestre des interactions, plutôt que de guide du savoir. A cet égard la technologie semble être un incroyable vecteur de changement, grâce aux possibilités infinies qu’elle offre de repenser la manière dont nous enseignons, et la manière dont nous apprenons.

%d blogueurs aiment cette page :