En 2017, le monde du e- s’est beaucoup agité autour de propositions pédagogiques variées. Le rapid learning, la data, les neuro-sciences, l’intelligence artificielle, le micro-learning… Quelles sont les tendances pour 2018 ? Qu’est-ce qui relève d’un effet de mode et qu’est-ce qui est plus durable ? Le salon Learning Technologies apporte des éclairages très utiles.

Plus de cinq exposés ou démonstrations à tout moment. L’énergique Sally Ann Moore a organisé deux jours très dynamiques. Impossible de tout voir. Assister à une présentation, c’est en manquer dix autres ! C’est donc à un parcours très subjectif que je vous invite !

Un débat en guise de panorama

Comme chaque année, Noria Larose et Jean-Luc Peuvrier mettent à disposition leur étude sur les plateformes de à distance à la suite d’une brève présentation au salon Learning Technologies, anciennement salon Ilearning Forum.

À cette occasion, Noria Larose a animé une table ronde qui réunissait certains représentants des plateformes les plus utilisées en France et sponsors de l’événement. Talentsoft, Syfadis, CrossKnowledge, Cornerstone, MOS et 360° Learning. La question d’ouverture, volontiers provocatrice, était : “Pourquoi les gens sont-ils mécontents de leur Learning management system () ?”.

Bien entendu, il s’agissait surtout de confronter leur vision de l’avenir des plateformes de formation à distance.

Goeffrey de Lestranges pour Cornerstone a admis que les plateformes avaient mis beaucoup d’efforts sur le plan administratif, sur le suivi, les tableaux de bord, les éditions de documents, parfois aux dépens d’autres aspects. Il a insisté sur la nécessité de mesurer et de justifier un retour sur investissement pour les ressources humaines.

Jérôme Bruet, de Talentsoft affirme qu’on a longtemps cherché la modalité magique : “social learning”, “rapid learning”, immersion, vidéos suivies de QCM… alors que ce qui compte, c’est l’ingénierie, la combinaison et la complémentarité des modalités.

Olivier Metzker de CrossKnowledge part de l’expérience utilisateur. Un salarié navigue sur de multiples plateformes : celles spécifiques à son métier, l’intranet de son entreprise, celles qui lui permettent d’échanger avec ses fournisseurs… Et à cela s’ajoute la plateforme de formation à distance. Il estime qu’il faut travailler l’accessibilité et l’expérience d’apprentissage.

Chez MindOnSite (Mos), Elodie Primo Amado a suggéré que la priorité des LMS devrait être de proposer de systèmes ouverts sur l’environnement de l’entreprise et plus généralement sur l’extérieur.

Pour Nicolas Hernandez de 360 Learning, les Learning Management System ne peuvent pas tout faire. On leur demande plus que ce qu’ils ne peuvent apporter, et notamment d’entretenir l’engagement des apprenants. Et il poursuit en précisant que 360Learning est un Learning Engagement System et non un Learning Management System. La distinction n’est pas simple et pas du tout acceptée par les autres participants qui confirment qu’ils travaillent à la fois sur la gestion, le management et l’engagement.

Nicolas Hernandez a un réel talent pour provoquer du débat. Il poursuit par une mise en cause de Scorm. La norme Scorm inciterait à produire des situations d’apprentissage non collaboratives et allongerait inutilement les temps de développement. Désacccord poli des autres intervenants. Jérôme Bruet lui oppose SkillCatch, qui permet de développer des ressources Scorm en quelques minutes. On pourrait ajouter Kino de Speedernet et quelques autres.