Un bon pavé dans la mare ! C’est ce que j’ai pensé en lisant l’article rédigé par Didier Cozin dans les Echos le 27/10/2014. J’apprécie ces articles où l’auteur prend le risque d’aller à contresens du courant populaire, qu’il prend un parti et le défend avec vigueur… C’est d’autant plus honorifique lorsque les arguments sont forts et que l’auteur s’expose avec courage à la vindicte de la populace.

Parfois il faut savoir se taire et écouter pour apprécier, et bien pour une fois, je ne vais pas faire de commentaire, mais juste vous laissez apprécier cette poésie…

 

Top 10 des Punchlines de Didier Cozin :

1. Des organismes publics comme l’AFPA  vivant sous perfusion de l’État, de “grands” organismes privés pesant moins qu’un super marché de banlieue…

2. les pouvoirs publics ont cru nécessaire de plaquer une réforme inaboutie et maladroite sur une professionnelle à la peine depuis des années.

3. La formation professionnelle demeure un service élitiste, réservé aux plus qualifiés

4Le manque de projection dans l’avenir frappe toute la société française, (…) : soigner à grands frais plutôt que prévenir les problèmes (les restructurations, les changements professionnels, les crises…)

5. Si l’anglais est en France une langue presque morte (10 % de vrais locuteurs peut-être), si notre pays manque d’informaticiens, si plusieurs millions d’adultes ne parviennent pas à déchiffrer et à comprendre un texte simple de quelques lignes alors on comprend pourquoi notre pays perd régulièrement ses positions économiques, présente cette compétitivité dégradée et importe bien plus le travail des autres qu’il n’est capable de vendre le sien.

6. Le CPF : la Wonder Box de la formation

Depuis 30 ans les partenaires sociaux inventent des dispositifs (le CIF dans les années 80, le DIF en 2004, le CPF en 2013) qui sont là d’abord pour rassurer et faire croire aux travailleurs qu’on peut s’occuper d’eux en cas de rupture professionnelle, leur offrir le rêve d’une qualification ou d’une formation simple, généralisée et équitable.

C’est évidemment une vue de l’esprit et les partenaires sociaux négocient toujours en gardant à l’esprit que le coffret restera vide (de financements) que la boîte magique a pour seule vocation de rassurer son détenteur.

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 7. Quand un problème se pose dans notre pays, nous avons tendance à répondre par une loi ou une nouvelle règlementation. Face à nos problèmes récurrents (et très anciens) de faible adaptation, de marché protégé, de mauvais positionnements économiques, de règlementations sociales trop lourdes ou de faible esprit d’entreprise, les pouvoirs publics ont pensé une nouvelle fois en terme de lois, de règlementations, de nouveaux dispositifs de formation.

 8. La difficulté avec la loi du 5 mars 2014 c’est que, pleine de bons sentiments éducatifs, elle cumule les poncifs qui font chuter notre pays depuis une quarantaine d’années, ceci dans un contexte économique et financier qui ne laisse plus aucune marge de manœuvre aux entreprises comme à l’État :

  • Un diagnostic erroné sur les difficultés de la formation (ce ne sont pas les dispositifs qui manquent, mais l’envie d’apprendre et de former)
  • Le recours systématique à des partenaires sociaux pourtant en grande partie responsable des difficultés actuelles et défendant d’abord leurs intérêts catégoriels

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 9. Il y a donc tout lieu de penser que la formation va plonger en 2015

 10. Le premier ministre a récemment déclaré qu’en matière d’emploi on s’était trompé pendant 2 ans en France, ce diagnostic lucide ne doit-il pas aussi être porté sur la formation et sa réforme des années 2013/2014 ?

Source : les Echos.fr