Vous n’y avez certainement pas échappé. Au hasard d’une discussion, d’une errance sur le web, dans une émission de TV… vous avez probablement entendu parler de FABLAB. Un peu (beaucoup d’après ma femme ^^) geek sur les bords, je m’y suis bien évidemment intéressé. Mais lorsqu’il m’a fallu expliquer à une personne de mon entourage ce qu’était un FabLab, il m’a été difficile de le faire, tout du moins avec pédagogie. Je vais donc tenter de rectifier le tir en expliquant simplement le phénomène mondial des FabLabs.

Qu’est-ce qu’un FabLab ?

Un Fab Lab (contraction de l’anglais fabrication laboratory, « laboratoire de fabrication ») est un lieu ouvert au public où il est mis à sa disposition toutes sortes d’outils, notamment des machines-outils pilotées par ordinateur, des matériels informatiques et électroniques afin qu’ils conçoivent et créent des objets.

Thot Cursus : “Les fablabs sont des espaces collaboratifs, lancés le plus souvent par des “institutions-mères” universités, musées, fondations, centres de sciences, ou par des groupes d’individus qui se sont parfois rencontrés dans des espaces virtuels, sur les médias sociaux, qui décident de se retrouver pour vrai et de mettre en commun leurs idées pour fabriquer des objets réels. Les fablabs réunissent des “bricoleurs, designers, ingénieurs, hackers, électroniciens et roboticiens”, amateurs ou plus aguerris.”

Le premier FabLab émerge au Massachusetts Institute of Technology, le réputé MIT. Il s’agit dès le départ de démocratiser la conception des technologies et des techniques et non pas seulement de les consommer. Pour Neil Gershenfeld (physicien et informaticien, professeur au MIT et créateur du concept de FabLab), les FabLabs font suite à l’Internet : “Comme le web collaboratif 2.0 a démocratisé les outils de partage, d’édition et de création et permis à des millions d’utilisateurs de devenir “acteurs”, la fabrication numérique et personnelle doit permette au plus grand nombre de devenir “auteur” des technologies.”

Être acteur plutôt que consommateur

D’après Neil Gershenfeld, lorsqu’il créé le concept de FabLab, c’est pour répondre à plusieurs enjeux :

  • Être des vecteurs “d’empowerment”, de mise en capacité, être acteur plutôt que consommateur
  • Remettre au coeur de l’apprentissage des technologies le “faire” (…) en se laissant le droit à l’erreur (…) en privilégiant les approches collaboratives et transdisciplinaires
  • Répondre à des problèmes et enjeux locaux, en particuliers dans les pays du Sud en s’appuyant sur le réseau International. Exemple d’une initiative de FabLab africaine.
  • Valoriser et mettre en pratique l’innovation ascendante
  • Aider à incuber des entreprises (dans le sens d’entreprendre) par la facilitation des prototypages
Charte des Fab Labs
Charte des FabLabs

Les volontés initiales du MIT au début des années 2000 sont toujours d’actualités. Le concept s’émancipe rapidement au point de devenir un phénomène mondial. Il en existe des centaines et certainement même des milliers dans le monde, reconnus par le MIT ou bien “anonymes”

 

Rapidement devenus les paradis des “Makers” (Bricoleurs), où le DIY (Do It Yourself = Faire soi-même) est un art de vivre, les FabLabs deviennent aujourd’hui des lieux privilégiés pour l’éducation et les apprentissages. Le phénomène du DIY n’est pas nouveau, populaire aux Etats-Unis à l’image de Steve Jobs, bricoleur de garage pour développer son premier ordinateur, on s’est orienté avec l’avènement du web (du social web) vers le DIWO (Do It With Others = Faire avec les autres). Et c’est avec ce cheminement que l’on a obtenu les FabLabs : des lieux ouverts, collaboratifs dédiés à la conception et la création.

J’espère avoir éveillé votre curiosité, ce billet n’étant qu’une introduction à une série d’articles à venir sur les FabLabs pédagogiques et les Makers.