Je réagis rarement à chaud à la lecture d’un article, à une conférence. Trop souvent, mes propos seraient trop durs, empreints de subjectivité abondante, dénués de bon sens… Bref, habituellement je lis, j’écoute, je regarde… et j’attends ! Si le sujet fait son bonhomme de chemin dans mon esprit, qu’il devient intéressant de l’exploiter, j’écris… et souvent j’attends encore avant de publier ou de mettre au placard. Ainsi il peut se passer des semaines, des mois, entre l’idée et l’article qui en découle.

Aujourd’hui, je vais déroger à cette règle. J’ai lu un article il y a seulement quelques minutes, et me voilà en train de m’en inspirer pour en faire un billet d’humeur.

« Le financement de la permanente, ces 32 milliards, sont entre les mains d’organes totalement opaques qui s’appellent Opca – lapsus même dans leur nom – dont personne ne connaît le nom des membres des conseils d’administration, ni la façon dont ils utilisent l’argent ». Jacques Attali.

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Ce sont ces propos, prononcés par Jacques Attali lors de la matinale de France Inter le 11 novembre, qui ont eu le mérite de me faire sourire mais aussi les réactions que son intervention a déclenchées qui m’amène à réagir.


A partir de 2 minutes 17 / J. Attali : “La France ne s’est réformée que de… par franceinter

Amené à réagir sur la loi Macron, Jacques Attali a regretté que cette dernière ne soit pas plus vaste et ne s’attaque pas au problème de fond du marché du travail, la formation permanente !

« Cette loi, aurait dû être beaucoup plus vaste. Elle aurait dû porter en particulier sur le marché du travail qui est la principale chose qui doit changer. Je pense aux seuils sociaux, mais je pense aussi à la clé du marché du travail, dont personne ne parle, qui est la formation permanente. On ne peut pas rendre plus faciles les licenciements et faire évoluer les seuils sociaux si, en même temps, on ne créé par une opportunité dans l’usage de ce formidable gaspillage des 32 milliards de la formation permanente dont seulement 2% est utilisé pour les chômeurs. On ne le fait pas car tous ces domaines sont totalement phagocytés par des groupes de pression qui eux-même ont un lobby qui les soutient, qui est leur ministère ».

Il ira même à qualifier la réforme de la formation professionnelle du 5 mars 2014, de “scandaleuse” et “lamentable”, notamment car il était évident que la négociation menée par les partenaires sociaux n’allaient pas tenir compte des demandeurs emplois, non représentés par les partenaires sociaux.

La France n’est pas un Titanic en train de couler, c’est un pays extraordinairement dynamique, ou il se passe des tas de choses, c’est plutôt comme un sous-marin qu’on empêche de monter à la surface par le poids de ses lobbys, de ses superstructures, dont les ministères sont souvent les porte-paroles.


A partir de 4 minutes 30 / J. Attali : “La France ne s’est réformée que de… par franceinter

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Pour ma part, et même si M. Attali balance comme d’autres auparavant ce fameux montant des 32 Milliards pour illustrer le “formidable gaspillage de la formation permanente” (montant à relativiser, en analysant ce à quoi il correspond), ces propos ne sont qu’une évidence. Les lobbys nous maintiennent la tête sous l’eau et l’on peut aujourd’hui regretter l’urgence dans laquelle cettte réforme a été menée, sans que l’on semble se soucier de savoir si elle allait vraiment accompagner nos entreprises et notre marché de l’emploi dans ce redressement tant attendu, ou encore si le projet etait soutenable financièrement.