L’Organisation de coopération et de développement (OCDE) dévoilait en début de semaine son rapport intitulé « Connectés pour apprendre ? Les élèves et les nouvelles technologies ». Cette étude fait le point sur l’usage et l’impact des TICE dans les pays membres de l’organisation.

Habituellement discrète, cette fois-ci, la sortie de cette nouvelle étude par l’OCDE a fait un peu plus de bruit. A l’heure où en France, la ministre de l’Education Nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a déployé le Plan Numérique pour la réussite des élèves en cette rentrée 2015 au sein de 600 collèges et lycées pilotes, les résultats de cette étude peuvent surprendre. Mais avant de se pencher sur ces fameux résultats, j’ai pour ma part été surpris de l’approche que les différents médias en ont eu…

Comble du comble, pour moi, blogueur “” féru de TICE et plus généralement de numérique, je découvre les conclusions de l’études dans un article de la rubrique Insolite du site d’informations 20 minutes : Non, les ordinateurs n’aident pas à améliorer les résultats des élèves ! Et comme le titre (racoleur ?!) de l’article le laisse présager, c’est la cata ! On se serait trompés sur toute la ligne, la conclusion de cette étude serait : Les ordinateurs ne rendent pas les élèves plus intelligents… J’ai pris ici l’exemple du journal 20 minutes, mais d’autres avaient également choisi cet angle d’attaque.

J’ai continué d’arpenter le web à la recherche d’une lueur qui ne tardera pas à apparaitre, d’autres médias faisant également écho de ce rapport mais avec une approche réellement différente. C’est le cas du site d’information spécialiste de l’éducation en ligne, Educadis qui présente un rapport moins alarmiste, plutôt mitigé :

« Les ressources investies dans les TIC dans le domaine de l’éducation ne sont pas liées à une amélioration des résultats des élèves en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences ». En revanche, dans les pays les moins sensibilisés au web, l’utilisation des TICE a permis d’augmenter rapidement la compréhension à l’écrit. A l’inverse, les pays les plus connectés n’assurent pas de meilleurs résultats à leurs élèves, mais font plutôt baisser les résultats à l’écrit.L’OCDE semble ainsi préconiser une utilisation modérée du numérique « un usage limité des ordinateurs à l’école peut être plus bénéfique que l’absence totale d’utilisation ». En clair, mieux vaut un peu de numérique que rien du tout, sans pour autant en abuser, au risque de devenir contre-productif.

En gros, l’impact des TICE sur les résultats des élèves serait différent selon le niveau de sensibilisation et de connexion au web du pays concerné.

Un usage limité des ordinateurs à l’école peut être plus bénéfique que l’absence totale d’utilisation

La conclusion de cet article sur Educadis.fr fait plutôt sourire et nous rappelle que nous serions bien sôts d’attendre du numérique qu’il résolve tous les problèmes d’éducation… L’intérêt se situe bien ailleurs (mais ça, c’est un autre sujet que l’on traitera dans un futur proche)

Les résultats de l’OCDE ne sont pas en soit vraiment surprenants. Le numérique ne saurait évidemment constituer une potion magique miracle pour résoudre tous les problèmes de l’éducation – et n’a par ailleurs jamais été pensé comme tel. Plus que le matériel en lui-même, l’efficacité repose(ra) sur son utilisation intelligente et pondérée, et surtout sur l’encadrement et la des professeurs. 

Enfin, il y a aussi les chauvins, pour lesquels, peu importent les conclusions du rapport puisque Cocorico, la France n’est pas ridicule, loin s’en faut : Les élèves français se situent au-dessus de la moyenne de l’OCDE en lecture sur support numérique et en culture mathématiques évaluée sur internet. Leurs recherches sur le web seraient également “moins incohérentes” que les élèves des autres pays.

Element important souvent occulté par les médias, ou s’il ne l’est pas, passé au second plan, les données utilisées pour cette étude datent de … 2012. Quand on connaît la vitesse de propagation des nouvelles technologies et notamment des TICE… Après tout, où en était le numérique à l’école en 2012 en France ?

Au final, j’ai donc fini par lire le rapport publié par l’OCDE, sans interprétations journalistiques !