La surexposition médiatique du sujet participe de la même frénésie technophilique qui tend à nous faire croire que l’imprimante 3D est indispensable chez nous ou que la livraison par drone d’un colis acheté quelques minutes auparavant sur la toile constituent une révolution profonde.

En lisant l’article de Christophe Perales : La frénésie MOOC : quand l’innovation est contre-révolutionnaire, j’ai enfin pu exprimer un sentiment que j’avais jusque là du mal à définir à propos de cette MOOCmania.

Toujours est il qu’aujourd’hui, j’ai un peu l’impression que le soufflet retombe. J’étais assez sceptique au départ envers ce que je qualifiais de cours pour amateur. Peut-être était-ce dû à une réaction face à l’abondance d’articles et de reportages sur la frénésie MOOC. J’ai fait Centrale… sur Internet ! ou encore Les dix innovations pédagogiques de l’année 2013 dans lesquelles j’avais surtout l’impression qu’on nous survendait le phénomène. Dans le premier article par exemple, on nous indique que “les internautes peuvent désormais suivre les cours des plus prestigieux établissements de l’enseignement supérieur français. Polytechnique, l’Ecole normale supérieure, HEC (Ecole des hautes études commerciales), Centrale Lille, la Sorbonne…”. Mouais… Que ce soit dans le titre de l’article ou dans la citation précédente, le raccourci est un peu fort !

Le second article nous présente les MOOCs comme l’ de l’année 2013, même si à la fin de cet article est faite une juste remarque de son auteur sur un éventuel désenchantement prochain… En effet, si l’on observe tous les phénomènes (au sens MOOCmania) autour de nous, que ce soit dans les domaines culturels et artistiques, éducatifs, scientifiques, multimédias… l’emballement et la frénésie du départ laisse souvent place à un désenchantement assez brutal.

Et on constante qu’à l’heure actuelle, les critiques et les réserves émises sont plus fréquentes, parfois mêmes par les MOOCmaniacs de la première heure. L’excellent site Thot Cursus publiait récemment un article de Christine Vaufrey détonnant : Les MOOCs sont-ils condamnés ? dans lequel on pouvait justement y lire un rappel des “vilains défauts” des MOOCs : faible taux de rétention des participants; modèle économique vascillant; pédagogie traditionnaliste, pour ne pas dire complètement dépassée; ergonomie moyenne ou médiocre des plateformes…

Peut-être les MOOCs seraient-ils en train de payer justement leur absence de réponse à ces défauts ?

Une remise en cause à relativiser…

Toujours est il qu’il ne faut surement pas oublier ou abandonner les MOOCs, mais plutôt les voir tels qu’ils devraient être vus, à savoir une modalité pédagogique parmi tant d’autres au sein de la à distance, et surtout envisager leur avenir à moyen terme, en prenant le temps de les améliorer, de corriger ces “vilains défauts”… La difficulté venant peut être du fait qu’on ne leur laisse pas le temps d’arriver à maturité pour exprimer pleinement leur potentiel, la faute à un remplacement trop rapide par un autre phénomène. On nous parle bien déjà des SPOCs, des DROOLs, du social learning… Trop d’innovation tueraient-elle l’innovation ?

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