Dans l’écosystème de la professionnelle, il est une composante essentielle que l’on retrouve dans la majorité des organisations : le .

Le LMS, pour Management System remplit plusieurs missions essentielles : hébergeur des contenus de formations, diffuseur de ces contenus auprès des apprenants, analyste des résultats et de la progression individuelle et collective, …

Si cette boite à outil du formateur et du gestionnaire de formation présente de nombreux avantages, elle affiche également quelques limites. Par limites, j’entends moins les contraintes de budgets, de techniques, de formation à l’utilisation… mais plus les contraintes pédagogiques.

Dans notre quête de la formation idéale, la mise en place d’un LMS tel qu’on les connait aujourd’hui est une démarche tout à fait louable. Elle va permettre d’organiser les parcours pédagogiques, d’offrir un espace dédié à la formation des collaborateurs, et malheureusement, ce LMS va très souvent devenir The place to learn, l’unique tunnel d’apprentissage à disposition des apprenants dans l’organisation.

Et paradoxalement, là ou les éditeurs de LMS vantent un apprentissage partout, tout le temps, tout de suite, c’est justement le LMS qui est le frein principal à une formation sans frontières spatio-temporelles. S’il est pratique pour le gestionnaire de centraliser les canaux de formation en s’en tenant à ceux que le LMS  ou la formation en présentiel permettent (en salle, in situ, en ligne ou en mode déconnecté via une application mobile, avec des contenus standardisés…), ça l’est beaucoup moins, et pour les mêmes raisons pour l’individu dans une démarche de formation, qui devra s’authentifier au LMS pour une formation, se conformer aux standards des modules de formation, rester dans un cadre réglementaire et organisationnel…

Car en réalité, que l’on soit dans une démarche de formation ou non, on cherche constamment à apprendre, et on le fait quoi qu’il arrive : on sollicite un collaborateur, on interroge son assistant personnel, on recherche sur le web, on suit un tuto sur youTube, on expérimente, … Et tous ces canaux ne passent pas obligatoirement par le LMS, et ne sont malheureusement pas toujours encouragés par les organisations.

 

Quel que soit le moyen, le chemin le plus court est le meilleur. Et le chemin le plus court ne passe pas nécessairement par l’interface du LMS.

Sébastien Fraysse

Dans cette de la formation idéale, un premier élément va nous apporter un soutien essentiel : le standard xAPI qui permettra de gérer en partie la multiplicité des canaux d’apprentissage sans se limiter au LMS, mais surtout de remettre la stratégie d’apprentissage de l’apprenant au coeur du dispositif, puisqu’on peut regretter que les dispositifs actuels sont surtout pensés pour faciliter la tâche des gestionnaires.

A coup sûr les LMS de demain se feront plus discrets, moins limitants et devront miser sur l’ouverture vers d’autres dispositifs de formation moins formels (recherche web, youTube, expérimentation, échanges entres pairs…).

Néanmoins, xAPI ne sera pas le remède à tous nos maux, il conviendra de repenser les stratégies de formation, d’ouvrir les consciences des décideurs dans les organisations, et penser une formation sans frontières, sans contraintes. Mais il persistera toujours une formation “officielle”, dans un cadre réglementaire et organisationnel limitant, et une formation en off, plus personnelle, décidée par l’apprenant lui-même, selon ses règles, ses canaux, ses contraintes : la formation partout, tout le temps, tout de suite, la vraie.

 

Sources : Le LMS du futur sera “invisible” – Sébastien Fraysse