“L’innovation ne se décrète pas ; il ne suffit pas de lancer un laboratoire d’innovations pour que celles-ci s’ensuivent automatiquement. Cela, qui vaut en général, trouve une résonance particulière dans le domaine de la , où les innovations “ne prennent pas” autant qu’on pourrait le croire.” Michel DIAZ

L’innovation ne se décrète pas. C’est le constat d’un rapport (accablant) de Cap Gemini, selon lequel 90% des laboratoires d’innovation échouent, avec des coûts qui peuvent sembler faramineux (plusieurs millions d’euros), mais il est vrai que les entreprises citées par l’étude ne manquent pas de moyens (ABC, British Airways, Coca Cola, Disney…). Bref : alors que l’innovation conditionne la survie des entreprises, il faudra trouver autre chose que ces “innovations labs”, et mieux appliquer quelques principes principes de bon sens inspirés par les causes d’échec

Cette réflexion est celle de Michel Diaz, pour -letter. Dans son article, il évoque notamment les différentes causes d’échec sur le chemin de l’innovation pédagogique :

  • Confier l’innovation à une ressource interne de l’entreprise. Ce qui amène à la question suivante : l’innovation en formation peut elle venir du département formation de l’entreprise ?

D’après moi, la question n’a pas lieu d’être. Confier l’innovation à quelqu’un en particulier (un service, une personne, un prestataire) revient à se couper de nombreuses sources d’innovation possible. L’innovation en formation peut venir de tout le monde, du responsable pédagogique au stagiaire, en passant par le secrétariat.

  • L’innovation déconnectée du Business et le conseil avisé de Michel Diaz : “En formation comme ailleurs, bannir la simple recherche de ce qui est nouveau”.

En effet, cela peut paraître stupide de tester pour… tester. Cependant, n’oublions pas que le principe de sérendipité est à l’origine de nombreuses innovations (ne citons que le Post-it). Le hasard, les concours de circonstances peuvent parfois amener à découvrir des pépites. Imaginons notre formateur, ayant oublié son paper board qui se décide à utiliser des post-it pour présenter et organiser ses idées pour ses stagiaires du jour… Evidemment, je rejoins Michel Diaz sur le fait qu’à moins d’être fortunées, peu d’entreprises pourront se permettre d’explorer à l’aveugle, sans s’imposer d’objectifs concrets.

  • L’organisation ne laisse pas assez d’autonomie à son labo d’innovation.

Oui, oui, oui ! Vouloir embrasser l’innovation pédagogique, c’est aussi laisser l’autonomie suffisante à nos ressources pour qu’ils expérimentent. Et autonomie ne veut pas dire absence de règles.

l’innovation en formation bat son plein ! La preuve : gamification, Learning Analytics, video learning, mobile learning, MOOC, adaptive learning, social learning, 702010… Pas si sûr. S’agit-il là, vraiment, d’innovations pédagogiques ou bien de vieilles idées ravalées par le numérique ?

Je n’ai jamais considéré les MOOC comme une innovation. En revanche, les vieilles idées ravalées par le numérique peuvent tout à fait donner lieu à des innovations. Prenons l’exemple de l’adaptive learning, des profils d’apprentissage… Les premières pierres de ces concepts ont été posées il y a des dizaines d’années (on peut citer Antoine de La Garanderie, père de la gestion mentale), et pour lesquelles le numérique à permis de rendre possible les usages. Et sans usages, il n’y a pas d’innovation !

%d blogueurs aiment cette page :