Horizon 2020 – Les tendances en formation

1 La digitalisation

Après plus 2 ans consacrés à dailylearning.news, 7 années à travailler plus ou moins directement dans le secteur d’activité de la professionnelle et de l’éducation, j’ai eu l’occasion d’être aux premières loges pour observer l’évolution des tendances dans le domaine. Au vu de l’effervescence qui agite le secteur, de l’innovation permanente, de la digitalisation, des enjeux toujours plus forts, on pourrait faire l’exercice de prédictions tous les 6 mois qu’on ne serait pas certains de nos annonces à 100% !

D’ailleurs, si l’on navigue dans les archives du DLN, ou plus généralement sur le web, et qu’on regarde les tendances énoncées il y a 10 ans, 5 ans ou bien ici-même il y a 2 ans et jusqu’à l’année dernière, on s’apperçoit très vite que nos talents de voyance sont loins d’être évidents !

Les tendances en formation

Alors au risque de paraître ridicule à la relecture dans les années à venir, je vais me faire part de mes obervations et parier sur les tendances à venir en formation.

Non les tendances prochaines ne sont pas les MOOCs ni même leurs cousins aux accronymes ridicules, les SPOC et les COOC…

Par ordre d’importance, mais aussi de probabilité, voici dans une série d’article les quelques tendances qui se dégagent déjà ou que l’on devine à l’horizon. Commençons par une évidence…

1. La voie de la digitalisation

Elle ne concerne bien évidemment pas que la formation. Cela va bien au dela. La plupart des entreprises, parfois même sans s’en rendre compte sont engagées sur cette voie. 2016 devrait selon toute vraisemblance être l’année au cours de laquelle le phénomène de digitalisation de l’entreprise va s’accéler et se confirmer.

Le mouvement est en marche, dans les grands groupes, on voit désormais dans l’organigramme des “responsables de la transformation digitale”

La digitalisation en entreprise, c’est quoi au juste ?

Pour faire simple, au quotidien, nous avons tous un temps d’avance sur l’entreprise. Nous achetons en ligne, nous échangeons, communiquons, organisons même, sur les réseaux sociaux, nous stockons des données dans le cloud, nous consultons nos comptes bancaires en ligne… Bref, nous nous sommes digitalisés !

Du côté de l’entreprise, c’est loin d’être ça en revanche ! Commençons par imaginer le fonctionnement interne d’une PME. Les données sont-elles toujours en réseau ? Les personnes elles-mêmes les sont-elles ? Par exemple, profite t’on des nouvelles technologies pour réduire l’empreinte carbonne (les déplacements notamment), pour accélerer les process, partager les savoirs, améliorer la réactivité et donc la relation client… A la plupart de ces questions, pour un certain nombre d’entreprises, on répondra par la négative, ou alors partiellement. Mais comme je le disais plus haut, le mouvement est en marche, et les entreprises (et surtout les individus) semblent être prêtes à s’investir (et investir) dans cette démarche, consciente des enjeux, et moins récalcitrantes à utiliser les technologies à disposition. Peut-être est-ce dû à la maturité des solutions, à la génération désormais en place…

Des moteurs… mais aussi des freins à la digitalisation

Si les entreprises sont convaincues qu’il faut digitaliser, c’est qu’un certain nombre de moteurs ont pu être identifiés. L’un d’eux est le bien être au travail. Le MIT affirme que dans les entreprises qui ont un “indice de transformation élevé”, il y a un net accroissement du bien-être et de la satisfaction au travail.La mise en réseau des données et des personnes permet par exemple de gagner du temps, de mieux accéder à l’information et de se concentrer sur l’efficacité et de gagner en autonomie. Tout ça, ce sont de vrais facteurs de bonheur au travail.

Mais digitaliser l’entreprise, cela veut dire s’équiper de nouveaux matériels, de nouveaux logiciels, mettre en place de nouvelles pratiques, et bien entendu former les individus ! Tout cela a bien évidemment un coût financier, mais représente également un risque, notamment celui de perdre l’identité de l’entreprise, de dénaturer sa culture, de faire face à un conflit intergénérationnel, …

Moteurs et freins à la digitalisation
Source : http://www.digital-marketing-1to1.com

Et la formation dans tout ça ?

Et bien puisque le digital impact non seulement la vie de tous les individus, mais désormais celui de toutes les entreprises et plus généralement de tous les métiers, « il est naturel que la formation ajuste ses contenus et ses supports au rythme des évolutions numériques” – Démos

Le e-learning est en perte de vitesse

Mais à l’inverse de ce que je peux lire ou entendre trop souvent, digitaliser la formation ne veut pas dire mettre en ligne les contenus et dispenser du e-learning ! Non seulement Demos nous rappelle que le e-learning n’est plus la solution privilégiée mais j’irais plus loins en disant que le e-learning traditionnel perd du terrain. Les plateformes telles qu’on les connait depuis 3 ou 4 ans n’intéressent plus aujourd’hui les grands groupes (et peut être bientôt les PME et les organismes de formation) en raison de leur complexité de mise en oeuvre et d’administration. Sans généraliser (certains éditeurs, encore peu nombreux ont pris le train en route) : la création des comptes utilisateurs et de leurs accès, la planification des sessions de formation, la modération des fonctionnalités sociales, la linéarité des parcours, l’absence de mode déconnecté, l’utilisation peu évidente en présentiel, la complexité de création des ressources… sont autant de raisons qui amènent aujourd’hui les acteurs à se tourner vers une nouvelle génération d’outils : les plateformes pédagogiques digitales . Simples d’utilisation, pensées pour la formation à distance ET la formation présentielle, faisant abstraction des fonctionnalités superflues, et proposant des expériences d’apprentissages plus cohérentes mais néanmoins innovantes. D’un point de vue innovation, certaines de ces solutions seront d’ailleurs au centre des attentions au prochain Consumer Electronic Show ou CES en janvier prochain à Las Vega, preuve que la formation est non seulement innovante, mais aussi qu’elle devient grand public (une autre tendance ?! 😉 ). Et cocorico, la plupart de ces solutions présentes au CES sont françaises : Klaxoon, Tactileo, …

L’objectif de la digitalisation en formation est de placer l’apprenant au centre du dispositif pédagogique le plus pertinent possible, avec ou sans usages de la technologies. D’où la présence de plus en plus forte de dispositif digitaux… en salle ! Avec les acteurs cités plus haut, les français Klaxoon, Tactileo (Société Maskott) qui seront nos ambassadeurs au prochain CES, mais aussi Magency et Wisembly, on va vite se familiariser avec le présentiel digitalisé, une pratique destiné à dynamiser les actions de formations traditionnelles, développer l’engagement des participants et pouvoir adapter le dispositif en temps réel :

  • Vote et sondage
  • Quiz
  • Travail collaboratif
  • Annotation des ressources pédagogiques
  • Evaluation en temps réel

Marc Dennery (Bloc C Campus), nous en présente bénéfices et les limites actuelles :

Les bénéfices

  • L’interactivité décuplée. Les apprenants peuvent être réellement actif en co-produisant le savoir.
  • Ouverture de l’espace de formation : les personnes présentent dans la salle de formation peuvent communiquer avec des personnes à distance.
  • Elargissement des temps de formation : les formations peuvent être préparées avant et suivi après grâce aux mêmes outils.
  • La familiarisation avec des outils digitaux pour des publics éloignés du numérique.

Les limites

  • Le temps de préparation augmenté pour les formateurs et également un minimum de temps d’appropriation des outils lors de la première utilisation.
  • Le temps de prise en main des outils par les participants.
  • Les freins informatiques : accès réseau, sécurité… (mais les offreurs de solution on prévu des outils autonomes avec des boitiers wifi pour créer des réseaux fermés indépendants).
  • L’investissement dans les outils qui n’est pas négligeable bien qu’il n’ait rien à voir avec d’autres dépenses « digitales » telles que les LMS ou les serious games.

Et vous chers lecteurs, avez-vous entamé cette démarche de digitalisation ?

Sources :

Blog C Campus

Livre Blanc Il-Di / Demos : Réussir l’introduction du digital dans une démarche globale de formation

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