Le 23 février dernier, Educavox publiait un article de Jacques Puyou, secrétaire général de l’An@é,  intitulé Trois courant, trois défis, trois chances dans lequel l’auteur nous présente trois perturbateurs de l’école d’aujourd’hui qui pourraient “mettre l’école à la dérive.”
Selon Jacques Puyou, ces trois courants perturbateurs sont le multiculturalisme, le numérique et l’écologie, et ils engendrent trois défis que le système scolaire doit relever.

Si je ne partage pas la position de l’auteur ou plutôt son constat sur le multiculturalisme : “L’arrivée massive de jeunes issus de l’immigration vient perturber la transmission des savoirs scientifiques et d’une culture judéo-chrétienne en même temps qu’elle bouscule les règles précédemment établies et, le plus souvent, tacitement acceptées de la vie scolaire puis sociale”, je le rejoins sur le numérique et l’écologie.

Mais d’après moi, si l’école du 21 ème siècle est bien soumise à des perturbations majeures et sans précédent, l’une des problématiques majeures restent économique. C’est ainsi qu’au delà du Tsunami numérique (Davidenkoff, 2014) et du défi écologique, je rajouterais le défi économique0

L’école a-t-elle les moyens de relever les défis auxquels elle doit faire face ?

Si pour Jacques Puyou, le système scolaire est soumis à des défis qu’il doit relever, en a-t-il seulement les moyens ? Je parle bien évidemment de moyens financiers ! D’après l’OCDE, la France se situe à la moyenne concernant la part des dépenses d’éducation dans le PIB : 6,11% (mieux que l’Allemagne à 5,1%, mais moins bien que le Royaume-Uni, la Finlande ou encore les Etats-Unis à 6,9%). Cette dépense intérieure d’éducation représente près de 146 milliards d’€ en 2014 dont plus de la moitié effectuée par l’Etat.

Dépense intérieure éducation 2014
Dépense intérieure d’éducation en France en 2014

 

Mais plus que cette dépense totale, il convient de regarder de plus près à quoi elle est consacrée. Et alors que le taux d’encadrement des élèves français est bien inférieur à la moyenne de l’OCDE (Ex : dans l’enseignement élémentaire, 1 enseignant pour 18,9 élèves alors qu’au niveau de l’OCDE, la moyenne est de 1 pour 15,3), on constate que les 3/4 des dépenses sont consacrées aux salaires et charges de personnel, ce qui ne laisse qu’une part limitée pour les investissements (“seulement” 8%).

 

Taux encadrement élève - OCDE 2014
Taux encadrement élève – OCDE 2014

 

Répartition des dépenses d'éducation 2014
Répartition des dépenses d’éducation 2014

 

Et il est difficilement envisageable de “réformer” l’éducation, de lui donner les moyens de relever les défis qui se présentent à elle, de l’ancrer dans le 21ème siècle avec une part si faible consacrée aux investissements. Les quelques 65 000 établissements scolaires se retrouvent bien dépourvus au moment de faire face au tsuanimi numérique et de s’équiper en conséquence…

D’où la question suivante : l’école a-t-elle les moyens de faire face aux défis qui lui sont imposées ? Je vous laisse en juger et nous partager votre retour en commentaires.

Pour aller plus loin, je vous invite à découvrir les chiffres clés de l’éducation 2015.