Autant faire les choses dans l’ordre… Alors que j’étais en pleine écriture de mon prochain billet sur les freins au développement de la à distance / formation numérique, le Céreq (Centre d’Etudes et de Recherches sur les Qualifications) publie un article sur les freins à la formation vus par les salariés…

En toute logique, je me devais de m’appuyer sur cet excellent article, bien détaillé et illustré de résultats d’études, pour lancer mon enquête et répondre à la question suivante : la formation à distance pourrait-elle lever certains des freins à la formation exprimés par les salariés et les employeurs ?

Les freins à la formation vus par les salariés

De cette publication, on reviendra surtout sur les raisons évoquées par les salariés qui les ont empêchées de suivre les formations qu’ils souhaitaient. Ce n’est un secret pour personne, l’accès à la formation professionnelle continue en France révèle de nombreuses inégalités.

Avant tout, posons nous la question suivante : les salariés ont ils envie de se former ? D’après l’enquête Adulte Education Survey 2012, 38% des salariés auraient souhaité se former (concernant les non formés) ou se former d’avantage (s’agissant des formés), soit moins de 4 salariés sur 10 !

Paradoxalement, cette enquête révèle que plus on se forme, plus on souhaite se former, puisque les formés évoquent plus souvent que les non-formés des souhaits de formations.

Les plus insatisfaits concernant l’accès à la formation sont ceux en ayant déjà bénéficié !

Autre constat, au delà de l’âge qui joue un role dans la propension à déclarer des souhaits de formation insatisfaits, le niveau de formation initiale est à prendre en compte. Ainsi les titulaires d’un diplôme égal ou supérieur au baccalauréat affichent leur insatisfaction dans des proportions supérieures à celle des titulaires d’un CAP/BEP et des non diplômés.

Maintenant, posons nous une seconde question. Mais pour quelles raisons les formations souhaitées n’ont pu être réalisées ? 

le Cereq présente les résultats de l’enquête Adult Education Survey menée en 2012 par l’Insee et la DARES,  sous la forme d’un tableau dans lequel on peut lire les raisons principales évoquées par les salariés eux-mêmes.

Freins à la formation

Si l’on s’attarde sur les raisons évoquées par les salariés, les 4 principaux freins à la formation seraient :

  • L’incompatibilité avec l’emploi du temps / la charge de travail
  • Le coût de la formation
  • Le refus de l’employeur
  • L’employeur n’a pas aidé

Les deux dernières sont une autre manière de désigner “l’emploi du temps” et le “coût de la formation”, mais exprimés cette fois-ci par l’employeur.

Si l’on tient également compte des autres freins exprimés, dans une proportion moindre tels que l’incompatibilité avec les responsabilités familiales ou encore l’éloignement géographique, on constate que de nombreux aménagements doivent être envisagés si l’on souhaite que tout le monde ait les moyens de se former.

L’un de ces aménagements seraient de promouvoir l’usage de la formation à distance et la rendre facile d’accès. Mais avant toute chose, peut-être faudrait-il faire en sorte qu’elle soit considérée comme une modalité pédagogique à part entière, avec tout ce que ça implique… Imputabilité comprise. Car aujourd’hui, la formation à distance existe, les organismes de formation ont pris le virage, mais visiblement les OPCA, les institutionnels… l’ont loupé.

Car la formation à distance permet de répondre en partie à certains des freins à la formation : des coûts globalement moins élevés, des horaires plus compatibles avec les contraintes des apprenants… Encore faut-il que les apprenants bénéficient de conditions suffisantes (financement, offre de formation…) pour pouvoir y accéder. Et quand on consulte la loi du 5 mars 2014, on constate qu’il reste du chemin à parcourir.

J’ai eu l’occasion d’échanger à de nombreuses reprises avec des détracteurs affirmés ou refoulés de la formation à distance. Malgré eux, les OPCA ne peuvent que rejeter cette modalité. Comment voulez vous satisfaire à vos obligations déclaratives en suivant une formation à distance. Impossible de fournir une feuille d’émargement par exemple. Quand certains me disent qu’il est impossible de prouver l’identité d’une personne ayant suivi une formation à distance, je leur réponds que c’est la même chose en présentiel. S’il prétendent que l’on ne peut contrôler l’activité de l’apprenant face à son écran, je leur affirme que la technologie permet certainement de mieux suivre un stagiaire à distance. Après tout, qui me dit que mon stagiaire dans ma salle de classe n’est pas perdu dans ses pensées, fermé à toute forme d’apprentissage.

La formation à distance, en laissant le choix de se former quand on veut, où on veut, respecte le libre choix d’apprentissage. On se forme lorsqu’on l’on est prêt à recevoir, et pas lorsqu’on nous l’impose…

Me voilà maintenant prêt à vous proposer mon prochain billet : Les freins au développement de la formation à distance…

 

 

 

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