Et si la était un bien commun…

La formation est-elle un bien particulier ? Elle a cette spécificité d’être tout à la fois un bien marchant et un bien culturel. Pourrait-il exister une exception formative comme il existe une exception culturelle ? La question prend du sens avec le numérique qui réinterroge l’ensemble de la formation… au point que certains considèrent qu’il serait temps de classer la formation comme un bien commun pour l’humanité… un bien à protéger spécifiquement parce qu’il fait progrès social pour l’homme. Alors, faut-il considérer la formation comme un bien commun ?

Tout d’abord, qu’est ce qu’un bien commun ? Un bien commun est défini dans sa première composante comme un bien ouvert, un bien ouvert à tous… un bien où l’on ne peut pas empêcher l’usager ou le consommateur de profiter de son usage. A titre d’illustration, l’exemple de la pêche coutumière est explicative de ce qu’est un bien commun. Le banc de poissons est un bien commun, ouvert à tous, chacun peut le pêcher. Il n’y a pas de propriété exclusive sur le poison avant la pêche, c’est ce qu’on appelle une externalité. En formation, il s’agirait d’ouvrir cette externalité à tous et tout au long de la vie. Cela semble assez conforme au paradigme du moment. Mais un bien commun c’est aussi une organisation partagée pour assurer la co-gestion du bien… c’est ce que l’on retrouve dans la gestion partagée de certaines externalités comme l’eau, les forêts ou les pâturages de montagne. Les exemples existent, on pourrait citer Wikipédia, créé en 2001, qui considère le savoir comme un bien commun dont la gestion est prise en charge par le collectif pour l’intérêt de tous. Et en formation ?