A chaque billet, c’est la même galère. Les idées ? Je les ai. L’inspiration et l’écriture ? Check ! Le phrasé et le plaisir d’écrire ? Yes ! Par contre, pour le titre… Une galère ! Je passe des jours et des jours après avoir écrit un article à réfléchir à son titre. Parfois je trouve (tant mieux !), parfois je ne trouve pas (et mon article restera un énième brouillon. Pensez donc à fouiller les tiroirs après ma mort, parait qu’on devient plus facilement reconnu à titre posthume !) et puis il y a les articles comme celui-là,  qui me tiennent à coeur et sur lesquels je greffe un titre qui ne me plaît pas, mais tant pis, fallait bien que ça sorte.  


J’arrête de m’égarer…

E-learning : xAPI est il (R?)évolutionnaire ?

Alors xAPI (pour Experience API) connu également sous son ancien nom de code TinCan (dommage, j’aimais bien), qu’est ce que c’est ?

Avant de répondre à la question, sachez que ce billet est inspiré du webinar animé par Sébastien Fraisse, Consultant Knowledge Decision, pour BSOCO (vidéo à la fin de l’article)  mais aussi de mes diverses lectures sur le sujet, et bien sûr de mes discussions avec divers experts sur le sujet des normes .

xAPI, successeur de SCORM ?

1ère question que je me suis posée moi-même : xAPI est-il le successeur de SCORM ?

Certes ADL (Advanced distributed learning) est à l’origine des 2, selon moi, ces 2 normes proposent des visions tellement différentes et éloignées l’une de l’autre que la réponse est évidemment non.

Bienvenue xAPI, Adieu SCORM ?

Oui et non… “Facile comme réponse” me direz-vous !

SCORM présente aujourd’hui des limites conceptuelles peu compatibles avec les évolutions et les usages actuelles :

  • Le blended learning. Aujourd’hui, fini le tout présentiel ou le tout à distance, pensez la multimodale, multicanale ! D’ailleurs le schéma suivant illustre bien les nouveaux courants. Et la limite avec l’usage de la norme SCORM est de taille. Elle ne permet de tracker “que” les modules elearning. Quid des activités sociales (forum, chat, échanges…), de l’experience… ? xAPI promet de belles choses avec la notion de LRS (Learning Record Store). Toutefois, avec si peu de recul sur l’utilisation de xAPI, j’émets des réserves sur l’exploitation de ces LRS (complexes à intégrer pour les éditeurs, premiers essais peu concluants, xAPI impose une certaine complexité à la conception des parcours et contenus…).

multicanal

  • Le social learning. On l’a vu plus haut, la formation devient non seulement multimodale mais aussi sociale ! Et ces activités sociales méritent d’être organisées et trackées, ce que SCORM ne fait pas ou peu (il faut pour cela que les éditeurs rivalisent d’ingéniosité et s’écartent du “fully compliant” SCORM (respect total de la norme SCORM)).
  • Les serious game (tracking difficile et incomplet), mais aussi les parcours non linéaires sont d’autres limites au SCORM.

Vers une disparition du SCORM ?

La cohabitation devrait dans un premier temps se faire durant quelques années.

Pourquoi ? SCORM est beaucoup utilisé, “simple” à mettre en oeuvre (contrairement à ce que xAPI laisse présager), suffisant pour des contenus linéaires…

Certains nous prédisent une disparition du SCORM, comme ADL d’une part ou bien Sebastien Fraisse (consultant Knowledge Decision). Selon moi, SCORM devrait se maintenir pour les raisons suivantes :

  • de nombreux éditeurs y sont très attachés;
  • ces mêmes éditeurs investissent encore en R&D sur SCORM
  • malgré l’ancienneté, peu d’éditeurs l’exploitent à 100% en offrant une ergonomie optimale. Ex : les STI (Systèmes de Tutorat Intelligent), les parcours adaptés ou dynamiques…
  • xAPI impose à la conception une certaine complexité et beaucoup de projections sur le parcours apprenant et tous les utilisateurs ne sont pas en mesure (techniquement) / prêt (trop chronophage) de l’accepter.
  • xAPI affirme son (TROP) large éventail de possibilités sans avoir effectué le travail de spécifications détaillées nécessaires mais aujourd’hui insuffisant.
  • Pour le moment, beaucoup d’éditeurs annoncent “faire du xAPI”. Et justement, le problème, c’est qu’ils se limitent à des effets d’annonce. Ils font réellement du xAPI, mais l’exploitent-ils ou s’agit-il seulement de SCORM transformé en xAPI ? Malheureusement, c’est souvent le cas… Et Sébastien Fraisse partage cette avis dans le webinar BSOCO : si vous utilisez xAPI pour faire des contenus similaires à ceux que vous faisiez avec SCORM, les apports restent limités :
    • lecture offline normalisée
    • non indispensable
    • rapports de suivi personnalisés. Le SCORM est bien trop limité à ce niveau et seuls des developpements propriétaires permettent de dépasser ces limites.

Alors, à moins que de nouvelles normes, probablement dérivées de SCORM viennent cohabiter avec xAPI, je ne vois pas SCORM disparaitre (ou alors, pas dans un futur proche). Et n’oublions pas qu’ADL n’a pas le monopole des normes et que des éditeurs pourraient être (ou le sont déjà) tentés de proposer une pseudo norme propriétaire (au détriment de la compatibilité)et trop large éventail de possibilités offert par xAPI sans spécifications détaillées pourrait être une raison pour eux d’aller dans cette direction. 

Et l’innovation xAPI ?

J’en retiens 3, même s’il y en a d’autre, ce sont pour moi les plus marquantes :

  1. Tracking évolué
  2. Learning Analytics. A la manière du big data, ces Learning analytics ouvrent le champ des possibles : meilleure connaissance de l’apprenant –> contenu adapté mais aussi la possibilité de faire évoluer son contenu suivant les données récoltées, des STI performants…
  3. Un véritable atout pour la formation multi-modale / multi-supports. “Le LMS n’est plus le point d’entrée unique” – S. Fraisse.

 

Avant de vous inciter à partager votre avis en commentaires, ce serait pertinent que des éditeurs/concepteurs nous fassent part de leurs avis, notamment sur l’adoption de xAPI dans leurs solutions.

A vous !

 

En savoir plus  :  Cette article, bien que daté de 2013 est une bonne introduction pour qui voudrait s’initier aux grands principes de xAPI/Tin Can.