Fraichement débarquée dans la sphère E-learning, je souhaite, au travers de ce premier billet, et plus durablement avec cette chronique vous faire part de mon regard tout frais tout neuf !

Cécilia G.

L’e-learning fait partie de la palette pédagogique des parcours de , mais certains craignent de voir les formateurs remplacés par des écrans. L’e-learning est-t-il donc indispensable ?

Pour répondre à cette question, voici quelques réflexions en vrac d’une néophyte en matière de formation et plus précisément de formation à distance.

> Les apports du e-learning

D’un point de vue apprenant : L’e-learning offre bien de nouvelles possibilités : outre le suivi personnalisé de l’apprenant et donc l’adaptation à chacun et à chaque situation, l’e-learning permet de développer de nouvelles méthodes interactives et ludiques, souvent plus attractives. Il permet aussi de répéter une formation autant de fois que nécessaire jusqu’à ce que celle-ci devienne un automatisme. A condition que l’apprenant devienne acteur de sa formation !

Ce ne serait pas les outils de l’e-learning qui font progresser l’apprentissage, mais bien les différents parcours qu’il permet : si les technologies numériques ont un effet positif sur les résultats d’apprentissage, il n’est pas dû exclusivement aux technologies elles-mêmes, mais à l’enrichissement des modalités d’apprentissage, à l’individualisation des rythmes et des parcours, aux feedback et aux échanges qu’elles permettent.

L’e-learning offre donc la possibilité à quiconque de se former où il veut. Une solution prisée des salariés qui peuvent ainsi adapter leurs besoins à leur agenda professionnel. L’e-learning permet aux salariés de développer leurs compétences via des formations mixtes et ainsi, de s’adapter aux impératifs économiques d’aujourd’hui, tout en restant compétitif.

 

D’un point de vue formateur : tout en travaillant de manière collaborative comme en présentiel, l’e-learning permet aux équipes pédagogiques de se libérer de tâches répétitives. Le e-learning fait sortir la formation du « taylorisme », libère les formateurs de la nécessité de répéter à chaque session les mêmes choses et leur permettent d’accéder à des fonctions nouvelles : tutorat, individualisation, animation numérique, guidage des apprenants…

Il ne faut pas se tromper de discours : la révolution dans la formation à distance, on la voit technologique, mais aussi pédagogique, n’est-elle pas avant tout cognitive. Et c’est en cela qu’elle bouleverse la pédagogie comme on l’a toujours conçue. Il est donc nécessaire de bien se préparer dans le domaine pour une équipe pédagogique d’un organisme de formation pour prendre ce virage.

 

> E-learning & concurrence

   « L’Amérique propose. L’Asie suit. L’Europe s’interroge ». précise Sophie Touzé, ingénieure de Recherche e-learning dans l’Enseignement Supérieur. Et pourtant cela fait bien une bonne quinzaine d’années que le e-learning existe. Où en est le e-learning en France ? Les chiffres montrent que ce volet de la transformation numérique demeure un challenge de taille pour l’entreprise. Repenser les méthodes d’apprentissage : un défi stratégique de management reste encore à relever ! Seule une poignée d’organismes de formation a pressé le pas et a ainsi décuplé son chiffres d’affaires.

En Europe, 90 % des sessions de formation sont encore effectuées en salle (88 % en Espagne  devenue pro-active sur le e-learning au milieu des années 2000, 90 % en Allemagne et 95 % en France, qui demeure encore très conservatrice quant à son rapport à la formation présentielle). Chiffres 2012.

 

> L’humain dans tout ça ?

Prudence : il semblerait que les méthodes de formation en ligne ne soient pas adaptées à tous et à tous les contenus pédagogiques.

L’e-learning valorise certaines formes sur d’autres, les individus les plus autonomes, les modules dont les acquis peuvent être validés par des exercices simples et progressifs et ceux qu’on peut le plus facilement mesurer. Il n’est pas forcément adapté à tout type de contenu : essayez d’imaginer une formation de Sauveteur Secouriste au Travail en formation à distance ?

L’e-learning doit donc s’appréhender comme un outil dont il est impératif que les méthodes, adaptées à l’apprentissage à distance, se conjuguent avec du présentiel, d’autres formes d’apprentissage et une relation humaine. Une plateforme digne de ce nom, c’est-à-dire aux fonctionnalités simples et multiples, permet d’éviter de creuser un fossé relationnel entre les individus et de personnaliser l’accompagnement.

>Un chantier pour demain ?

Compte tenu des caractéristiques du marché développé (succinctement) précédemment, il faut agir vite. Voici un éclairage que l’on peut aisément transposer au monde des salariés et du développement de leurs compétences ou encore aux organismes de formation :

   « Le monde éducatif ne peut pas vivre en dehors de la société et subir éternellement la modernité. Des tas de trains sont passés à quai et on se gargarise de grands mots et de plans » raconte Alexis Mons, directeur général d’Emakina.fr.

 

Le chantier qui attend la majorité des organismes de formation et des services de formation des entreprises, semble immense. Ne pas confondre urgence et précipitation ! La rapidité et la vitesse d’approche de ces nouveaux systèmes doivent se préparer au mieux afin de réussir cette nouvelle méthodologie. Comme de nombreux experts l’affirment, il est dangereux de se contenter de mettre un nouveau nom sur un vieil objet. Il ne s’agit pas de « E-labelisation » d’un contenu présentiel. Exit la simple transformation du Power point en module à distance !!

Une sérieuse conduite à suivre pour « prendre le virage de la formation à distance ».